Harry Potter et le mystère de la Chouette Effraie

 

Chapitre 44 : Aveux

 

 

            Mais laissons en là, Dumbledore et revenons à Harry.

 

            L’adolescent, qui venait, encore une fois, de perdre ses parents, avait quitté la Forêt Interdite et avait traversé le Parc, jusqu’au lac, comme l’avait supposé Ron et Hermione.

 

            Le moral au plus bas, il resta un long moment, la tête entre les bras, assis dans l’herbe bordant cette partie du lac, la plus éloigné du bateau des Durmstrang, vide à cette heure. Une faible plainte, assez familière le fit tressaillir. Harry, relevant la tête, aperçut alors, posé à côté de lui (il ne l’avait même pas entendu arriver), Fumseck, qui le regardait, la tête penchée de côté.

 

            Un bref sourire traversa le visage d’Harry, devant l’air interrogateur du Phénix. Harry, tendant la main, caressa la tête écarlate de l’animal, qui dégageait une douce chaleur.

 

            Puis, aussi soudainement qu’il était venu, Fumseck repartit, laissant Harry dans sa solitude et son amère réflexion. Celui-ci, plongeant la main dans sa poche, en ressortit sa baguette et la fit tournée de façon distraite entre ses doigts, projetant de faibles étincelles rouges et or.

 

            Harry, agacé, réfléchie encore un long moment, observant la surface calme et lisse du lac. Le calme et le silence qui régnait ne faisait qu’augmenter le trouble qui régnait en lui et chercha quelque chose à lancer à la surface du lac, afin de se changer les idées. Ses doigts se refermèrent, tout naturellement, sur la pierre qu’il gardait dans sa poche. Au contact de la douce chaleur qu’elle émettait, Harry, surpris, la sortie et l’observa attentivement. Elle avait encore changée de couleur et était devenue, à présent, rose, presque rouge par endroit. Harry, de plus en plus intrigué par cette curieuse pierre l’observa plus en détail. Cette pierre était tout ce qu’il y avait de plus banal, mise à part son changements de couleur et la chaleur qu’elle émettait. Il aperçut alors, sur le dos de la pierre, une forme sculptée. Harry scruta soigneusement la marque et la reconnue aussitôt, pour être l’emblème des Gryffondor, un lion, surmonté des lettres G.G. ! Harry, de plus en plus surpris, s’apprêta à ranger la pierre dans sa poche, étonné de ne pas avoir aperçut ce symbole plus tôt.

 

            “Ah, te voilà, Harry !”

 

            Harry sursauta et se retournant, vit Dumbledore venir vers lui, accompagné de Fumseck, avec un petit sourire aux lèvres.

 

            “- Ca ne te dérangerait pas d’avoir un peu de compagnie, Harry ? demanda Dumbledore d’une voix douce, tandis que Fumseck venait s’installer dans l’herbe, devant Harry.

 

             - Non ! Non !” assura Harry, avant de reporter son regard vers le lac, hésitant.

 

            Le silence retomba alors. Dumbledore vint s’asseoir près d’Harry et, caressant Fumseck, observa à son tour, la surface lisse et claire du lac. Curieusement ce fut Harry qui, mal à l’aise, rompit le silence, le premier.

 

            “- Professeur...! Pourquoi...?

 

             - Je suis désolé Harry ! Je ne penserai pas que ça serait aussi dur ! expliqua Dumbledore. Si j’avais su que ça se finirait de cette façon, je ne t’aurais jamais imposer cette nouvelle épreuve. Après tout ce que tu as déjà subis, surtout ces deux dernières années, je...!

 

             - Ce n’est pas grave ! remarqua sombrement Harry, fixant le sol. Je savais bien que ça ne durerait pas !

 

             - Ton père craignait justement que ça se passe comme ça ! Il me disait que ça n’était pas très bon, pour toi, de te laisser venir comme ça, aussi souvent !

 

             - Pourquoi vous ne me l’avez pas dit plutôt, pour mes parents ? demanda Harry, croisant alors, pour la première fois depuis le début de la conversation, le regard inquiet de Dumbledore.

 

             - Pour ton propre bien ! répondit-il calmement, malgré la lueur accusatrice qui brillait dans les yeux de l’adolescent. La séparation n’aurait été que plus dure, plus brutale pour toi ! Et vu les circonstances, tu aurais été plus vulnérable lors d’une éventuelle attaque ! C’était pour ton bien, tu comprends ?”

 

            Oh oui, Harry comprenait, mais il refusait d’admettre les faits. Il ne répondit donc pas et se replongeant dans ses pensées, triturait distraitement la pierre sculptée.

 

            Le silence se prolongea, pesant. Finalement, Dumbledore soupira.

 

            “Bon ! Je ne vais pas t’importuner plus longtemps ! remarqua-t-il d’un ton léger. Si tu as un problème, tu sais où me trouver ! ajouta-t-il en se levant. Ah, au fait Harry, j’ai prévenu tes professeurs de ton absence pour les cours de Botannique, et de Soins aux Créatures Magiques !”

 

            En entendant ça, Harry sourit, pour la première fois depuis qu’il avait quitté la Forêt Interdite. Une fois de plus, Dumbledore l’avait devancé dans ses décisions.

 

            “- Désolé ! murmura alors Harry.

 

             - Désolé pour quoi ? s’étonna Dumbledore en revenant auprès d’Harry.

 

             - Pour ma conduite ! Je n’aurais pas dû m’emporter !

 

             - Tu sais, c’est un peu compréhensible, Harry ! Pendant quelques jours, la vie que tu as connu pendant ta première année à “repris ses droits” ! Mais ça ne pouvait pas durer, je te l’avais dit, que l’effet n’était que temporaire ! Mais, dit toi que tu as eu une occasion unique, que peu de gens ont pu avoir dans la vie !

 

             - Oui, vous avez raison ! approuva Harry, en souriant.

 

             - Je suis content de voir que tu reprend le dessus ! remarqua Dumbledore, en lui souriant à son tour. Il ne faut jamais... ! Qu’est-ce que c’est que cette pierre, Harry ?” s’interrompit-il, apercevant l’éclat, à présent rouge vif de la pierre que Harry avait toujours entre les doigts.

 

            Celui-ci, surpris, lui montra la pierre.

 

            “- Ah ! Tu l’as enfin eut ? remarqua Dumbledore, jetant un bref coup d’œil à la pierre.

 

             - Pourquoi, enfin ? interrogea Harry, curieux.

 

             - C’est une pierre qui se transmet de père en fils, Harry ! Il était donc normal que tu l’ait, à ton tour !

 

             - Pourquoi, qu’est-ce qu’elle a de spéciale, cette pierre ?

 

             - Tu as sûrement remarqué le dessin qui y est gravé ?

 

             - Oui, un lion et les initiales “G.G.”. Pourquoi ?

 

             - C’est la pierre des Gryffondor, Harry. Le lion est, comme tu le sais, l’emblème de Gryffondor et “G.G.”, les initiales de Godric Gryffondor !

 

             - Alors, ça voudrai dire que... ?

 

             - Oui Harry, tu es un descendant de Gryffondor ! Toi qui te tracassais souvent, lors de tes premières années, pour savoir si tu avais ta place à Gryffondor, tu as ta réponse. Tu y es mieux placé que dans aucune autre maison, et certainement pas Serpentard ! Mais, je dois t’avouer quelque chose, depuis le temps, c’est la première fois que la pierre prend cette couleur rouge vif. D’habitude, elle virait au rose, mais pas au rouge !

 

             - En plus, elle a des propriétés cachées ! remarqua Harry. Je pense que c’est cette pierre qui m’a protégé de l’Avada Kedavra. Elle était devenue nacrée, et dégageait de la chaleur !

 

             - Ca serait possible ! Cette pierre est très mystérieuse ! Et, à chaque fois, elle révèle des choses nouvelles à son propriétaire ! Mais, je pense que la raison pour laquelle cette pierre soit devenu aussi écarlate que au temps de Godric Gryffondor, c’est que tu es l’authentique héritier de Gryffondor, tout comme Voldemort était l’héritier de Serpentard !

 

             - Ah, et pourquoi moi, en particulier ? demanda Harry.

 

             - Tout simplement parce que, avec le nombre de générations qui sont nées, issus de Gryffondor, au moins l’une d’elle s’est retrouvée avec deux “héritiers”. Et c’était l’aîné, qui récupérait la pierre, le deuxième était négligée par cette tradition et n’étaient jamais vraiment reconnu comme des Gryffondor. Ce qui fait que, avec le temps, se sont formées deux lignées de Gryffondor, très distincte. Or, ils se trouvent que tes parents étaient issus de ces deux lignées et que, par conséquent, tu es un Gryffondor, à part entière, la réunion des deux familles, si tu préfère ! Mais ça, peu de gens connaissent la vérité sur ces deux familles, pourtant issues du même ancêtre ! Cette pierre est aussi un secret familial, que seuls les descendants de Gryffondor connaissent ! Tu comprends ce que je veux dire ?

 

             - Oui ! Oui ! Mais, il y a quelque chose qui...! Si cette pierre est un secret de famille, comme se fait-il que vous soyez au courant de son existence ?

 

             - Et bien...c’est parce que j’en ait entendu parler, voilà tout !”

 

            Harry devinait, au ton de sa voix, que Dumbledore ne disait pas toute la vérité, mais il renonça à réfléchir sur ce point et remit la pierre dans sa poche.

 

            Le silence retomba. Harry réfléchissait à tout ce qu’il venait d’entendre. Mais ses réflexions ne firent que lui baisser le peu de moral qu’il avait retrouvé.

 

            Devant l’humeur maussade de l’adolescent, Dumbledore soupira et se leva. Mais cette fois, au lieu de faire mine de partir, il vint se mettre face à Harry, qui gardait la tête basse et, après un moment d’hésitation, mit ses mains sur les épaules de Harry qui, surpris, leva la tête et croisa le regard pénétrant du vieil homme.

 

            “- Harry, je vais te dire une bonne chose ! Tu as fait preuve d’un très grand courage cette année ! Non seulement face à Voldemort mais aussi face à toi même ! Tu as combattu tes propres sentiments et il fallait bien qu’ils te submergent à un moment ou à un autre ! Tu as déjà connu de nombreuses difficultés et tu en connaîtra certainement d’autres. En tout cas, ton courage sera encore mis à l’épreuve, d’une façon ou d’une autre !

 

             - Peut-être ! céda Harry. Mais, je veux dire, ça m’a fait bizarre ! J’ai eu l’impression de perdre mes parents, pour la deuxième fois.

 

             - Harry ! Tes parents ne sont peut-être plus, physiquement, auprès de toi, mais ils sont en toi, Harry ! Tes parents se sont sacrifiés pour te sauver la vie ! Et depuis que tu es à Poudlard, plus les années passent et plus tu leurs ressemble. Comme on te l’a souvent dit, tu as tout de ton père, sauf les yeux. Et plus je t’observe et plus ces ressemblances sont frappantes ! Le même dédain pour les règlements, le même courage, la même détermination, le...même don pour le Quidditch...! C’en est presque troublant ! Je vais te dire une dernière chose ! Il ne faut jamais se laisser abattre ! Il faut toujours relever la tête et en redemander ! Tomber, pour mieux se relever, si tu préfère ! Mais tu ne peux trouver cette force de résister qu’en toi-même ! Il ne faut pas se morfondre mais aller de l’avant !

 

             - Oui ! Mais en parlant d’aller de l’avant, je ferais bien d’aller en cours ! remarqua Harry, un peu troublé.

 

             - Ah, tu compte quand même y aller ? demanda Dumbledore.

 

             - Ben oui ! Ne serai se que pour rassurer mes amis !

 

             - Bon ! De toute façon, je devais aller voir Hagrid et Madame Maxime !”

 

 

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